Côté images – Élisa Larvego

Les photographies qui accompagnent cette revue sont des œuvres d’Élisa Larvego. Par une approche anthropologique et poétique, l’artiste y développe son intérêt pour le lien entre des individus et leur territoire. Deux séries d’images parcourent cette publication : Sculptures mobiles et Chemin des Dunes.

Chemin des Dunes
Ce travail photographique évoque les liens entre les bénévoles et les réfugié·e·s vivant ou travaillant dans la Jungle de Calais. Ces portraits dévoilent tout autant la personne que l’espace qu’elle occupe. Les différents paysages et architectures permettent d’élargir et de complexifier l’idée que l’on se fait de ce territoire. On y découvre divers lieux de vie : le centre d’hébergement des femmes, le campement des bénévoles et la Jungle. Ce travail est avant tout la trace des rencontres de l’artiste avec ces gens, avec ces lieux. Il sème le doute sur le statut des personnes représentées, ne précisant par leur rôle d’aidant ou d’aidé et montrant ainsi l’absurdité d’une identité qui, selon son origine, pourrait entraver ou libérer.

Cette enquête photographique fut menée dans le cadre de la commande publique « Réinventer Calais » (CNAP/ PEROU). C’est PEROU – pôle d’exploration des ressources urbaines – qui a suggéré à Culture & Démocratie de montrer ce travail dans ce hors-série. De même que leur contribution « Tout autour. Une œuvre commune » s’y emploie (p. 61), les images d’Élisa Larvego « saisissent l’espace que le geste d’hospitalité fait éclore entre les êtres, ces infimes parcelles du monde qu’ouvrent, entre les corps, l’attention, la bienveillance, la fraternité. Ce territoire constitué “en archipel”, où l’on respire enfin ».

 Sculptures mobiles
Les images utilisées en ouverture de chapitres son issues quant à elle de la série Sculptures mobiles. Ces photographies représentent les chariots des vendeurs ambulants de la ville de Mexico. Élisa Larvego nous propose des portraits de ces commerçants nomades au travers de leur façon d’arranger leurs affaires, leurs marchandises, créant ainsi des sortes de sculptures ambulantes. Ici la mise en scène est simple : extraire de la rue surchargée de signes ces chariots pour les détacher de leur contexte et mettre en valeur la sculpture éphémère que les vendeurs créent chaque matin.♦

Élisa Larvego est née à Genève en 1984. Elle étudie à l’École d’arts appliqués de Vevey, puis à la Haute école d’art et de design de Genève. Son diplôme en arts visuels a été récompensé, en 2010, par le prix d’art de la Nationale Suisse. En 2013, elle publie la monographie In every place, dans la collection « Service après-vente » des éditions Ahead (Genève). Elle a exposé dans différentes institutions suisses telles que le Musée de l’Elysée, le Musée Helmhaus, le Photoforum PasquArt, et internationales telles que le festival PhotoEspaña, le Centro Nacional de las artes au Mexique, les Rencontres d’Arles, l’Adresse des Printemps de septembre (Toulouse) et la galerie Air de Paris. Elle a obtenu différents prix et bourses : le prix Kiefer Hablitzel, la bourse du fonds Berthoud et la bourse culturelle Leenaards. (www.vego.ch)