© Emine Karali

S’émanciper des dominations par le langage – Entretien avec Jessy Cormont

Entretien avec Jessy Cormont, sociologue à P.H.A.R.E. pour l’Égalité, et membre du collectif Manouchian *
Propos recueillis par Morgane Degrijse, stagiaire à Culture & Démocratie, et Hélène Hiessler, chargée de projet à Culture & Démocratie.

En 2012, le collectif Manouchian, composé des sociologues et militants Saïd Bouamama, Jessy Cormont et Yvon Fotia, publiait un Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe aux éditions Syllepse. Un ouvrage qui se propose de mener le « combat du vocabulaire » en déconstruisant les mots, concepts et argumentaires qui accompagnent les dominations et en mettant à disposition d’autres mots clés pour renforcer les chemins de l’émancipation. Dans cet entretien, Jessy Cormont explique comment a germé l’idée de ce dictionnaire et revient notamment sur ce qui se joue dans l’effort de réappropriation de la langue.

Pourriez-vous nous présenter le collectif Manouchian et la démarche qui a mené à la publication du Dictionnaire des dominations ?
Le collectif Manouchian essaye d’être un espace de production d’analyses à destination citoyenne et militante. Constitué en 2003, il rassemble des personnes qui ont plusieurs points communs. Le premier c’est d’être tous d’origine populaire, ouvrière ou paysanne pauvre, issus des immigrations coloniales ou européennes. Le second, est d’avoir eu accès dans nos trajectoires personnelles, professionnelles et militantes, à un certain nombre de savoirs et de connaissances qui permettent d’avoir prise sur le monde social traversé par les dominations de classe, de « race », de sexe et d’âge. Le troisième est d’être sociologues et formateur·trice·s dans les secteurs du travail médico-social, de l’animation et de l’éducation populaire. Le quatrième est d’être militant·e·s des luttes des immigrations et des quartiers populaires.

Le collectif Manouchian est un collectif militant et bénévole, pas un collectif professionnel. Dans nos métiers, dans le contexte actuel, la liberté d’expression y est parfois limitée et soumise à plusieurs niveaux de contraintes sociales (institutionnelles, économiques, politiques) qui entravent parfois la liberté d’expression et de pensée critique. Aujourd’hui, les intellectuel·le·s, les travailleur·euse·s sociaux·ales ou les animateur-trice·s en éducation populaire que nous rencontrons ne peuvent pas toujours parler librement et parfois même s’autocensurent. Certains mots n’ont plus le droit de cité alors qu’ils gardent une pertinence pour l’analyse et l’action. Certaines analyses ne peuvent se dirent sans devoir être tellement nuancées qu’elles en deviennent finalement éloignées de la réalité. Or, penser le monde tel qu’il est, avec les mots dont on a besoin pour le décrire est une nécessité.

Au départ, c’était un glossaire en ligne : pourquoi avoir voulu en faire un livre ?
Dans notre pratique d’action-recherche professionnelle, on élabore régulièrement des petits glossaires où sont abordés des enjeux théoriques dans un vocabulaire relativement accessible, ordinaire. On le fait pour répondre à des besoins très concrets dans le cadre d’un accompagnement avec un groupe, un collectif d’habitants, pour éclairer nos vies et nos pratiques. Il s’agit de garder une exigence théorique mais accessible pour faciliter d’une part l’appropriation par des non initié·es de mots, de concepts clés, qui permettent de déchiffrer le monde dans lequel nous vivons, et d’autres part de déconstruire de façon critique des mots qui jouent une fonction de renforcement de la domination. Au bout d’un moment on a mis ce travail sur le site « Les figures de la domination ».

Des gens l’ont vu et nous ont demandé d’approfondir notre travail et de le rendre plus visible. Notamment Christine Delphy, féministe matérialiste, fondatrice du Mouvement de libération des femmes et impliquée aussi dans la lutte contre l’islamophobie. Elle a demandé aux éditions Syllepse d’y jeter un coup d’œil. Ils nous ont alors proposé d’en faire un dictionnaire en ajoutant de nouveaux mots et en renforçant l’appareillage théorique mais toujours de façon (relativement) accessible.

L’émergence de ce dictionnaire est aussi liée à nos propres trajectoires d’émancipation. « Je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche », comme le disait ma grand-mère, polonaise et femme d’ouvrier mineur, ni avec un dictionnaire dans la tête. Je ne suis pas un « héritier » en termes de culture scolaire. Je ne possédais pas les codes de la culture dominante et « légitime ». Plus jeune, il y a des réalités que je sentais dans ma chair, que je n’arrivais pas à nommer. Les mots autour de moi ne m’éclairaient pas, me noyaient, m’embrumaient, m’empêchaient d’y voir plus clair et parfois en plus m’humiliaient. Cette lutte autour des mots pose la question de l’aliénation. C’est-à-dire qu’à un moment donné, tu es confronté au fait que tu te sens étranger à toi-même. Tu penses avec des mots qui ne sont pas les tiens, avec des référents culturels qui ne t’appartiennent pas, qui défendent des intérêts sociaux opposés aux tiens. Et quand tu t’exprimes ce n’est pas dans ta propre langue sociale, ce n’est pas dans la langue de ton propre camp politique. La réappropriation du sens des mots est liée à un parcours de réappropriation de soi qui passe aussi par un travail de décryptage critique du langage, des mots, des concepts. « En fait, elle veut dire quoi au fond cette personne ? », « Pourquoi ce terme-là me reste en travers de la gorge ? Me violente ? » Mon cœur et mon corps le savent, mais ma tête n’a pas encore compris. On se réapproprie parfois la langue dès l’instant où l’on a besoin de savoir, besoin de comprendre, besoin de ne plus subir l’oppression. C’est comme ça qu’est né le Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe.

Y a-t-il selon vous des mots utilisés dans le discours de tous les jours qui perpétuent, de manière parfois inconsciente, les dominations dont vous parlez ?Oui. Dans le dictionnaire, certains mots sont des points d’appui des luttes d’émancipation contre la domination par le langage, contre la domination idéologique, culturelle, symbolique. Des mots qui permettent dans la pratique de lutter contre la domination. Puis il y en a d’autres qui relèvent du vocabulaire de la domination, des mots qui nous humilient, nous rabaissent, ou nous empêchent de penser clairement, de comprendre, et d’identifier les bons leviers de transformation sociale.

Un exemple : le terme « d’intégration culturelle » est un faux ami présenté comme issu de la sociologie d’Émile Durkheim ce qui inexacte. C’est l’exemple-type d’un détournement du vocabulaire qui maintient l’injustice en donnant pourtant l’impression de servir à la résoudre et à aider les gens. Durkheim parle « d’intégration sociale » et non « d’intégration culturelle ». Il attribue la cause de la « décohésion sociale et nationale » à la hausse des inégalités qui disloquent la société et non à la hausse de la « diversité culturelle » (migratoire, religieuse, etc.). Hier comme aujourd’hui, c’est dans des contextes de crises économiques et sociales, de chômage, de précarité, de pauvreté mais aussi de discriminations racistes et sexistes, que le tissu social s’abime. Ensuite, pour Durkheim l’intégration sociale désigne la capacité d’une société à protéger l’ensemble de ses membres, à offrir une place à chacun·e et à tou·te·s, à forger un sentiment d’appartenance commune à tou·te·s ses membres. Pour lui, les mécanismes créateurs, de solidarité, de « lien social », de « cohésion sociale et nationale », relèvent du niveau structurel, pas du niveau individuel ou « communautaire ». Blâmer les individus n’a pas de sens chez Durkheim. Enfin, penser en termes « d’intégration culturelle » consiste à sur-responsabiliser des populations dominées (qui ont souvent un faible pouvoir d’influence du fonctionnement social global) tout en déresponsabilisant celles et ceux qui ont le plus de pouvoir d’influencer le niveau systémique : les classes dominantes (qui sont au pouvoir).

Vous mentionnez la critique par Nicole-Claude Mathieu de la thèse de Bourdieu sur la domination symbolique, dans laquelle elle accuse le sociologue de sous-estimer la dimension matérielle de la domination et de sa fonction sociale, c’est-à-dire l’appropriation. Dans la mesure où la domination dans/par le langage est une forme de domination symbolique, son analyse doit-elle faire l’objet de la même vigilance ?
La domination a plusieurs jambes. Une réalité idéelle (idéologique, culturelle, langagière, symbolique) et une réalité matérielle. Il y a une vieille contradiction dans la lutte ouvrière, féministe, anticoloniale depuis deux siècles. Si on ne s’attaque qu’à l’amélioration des conditions matérielles d’existence, on sous-estime à quel point la domination nous tient aussi par la culture, par la violence symbolique, par l’aliénation et la colonisation culturelle. En sous-estimant cette aliénation, on ne crée pas les conditions d’une lutte pour la libération car il reste une chaîne au pied qui n’a pas été brisée.

Quand Nicole-Claude Mathieu s’en prend à Bourdieu, elle ne dit pas du tout que son concept de domination symbolique ou de violence symbolique n’existe pas. Elle le critique, à juste titre, quand il dit que « l’essentiel de la domination » se maintient grâce à la violence symbolique qui fait que les dominé·e·s « consentent » à la domination. Nicole-Claude Mathieu a raison, la domination se maintient d’abord grâce à la violence matérielle (physique, économique, légale, alimentaire, militaire, policière, etc.). Elle a raison de dire que les dominé·e·s sont « forcé·e·s » à céder, à se soumettre, à baisser les bras davantage qu’ils et elles ne « consentent » à leur domination. Le concept de violence symbolique est un outil précieux. Mais la domination étant à la fois idéelle et matérielle, la lutte pour l’émancipation doit être idéelle et matérielle. Un dictionnaire seul ne changera donc pas le monde sans luttes sociales changeant les conditions matérielles d’existence.

Le Dictionnaire des dominations a déjà quelques années. Au regard de l’actualité, y a-t-il aujourd’hui des termes qui mériteraient d’y figurer ?
Effectivement il y a de nouveaux mots qui apparaissent, sur lesquels il faut réagir. Dès qu’on recrée nos propres repères sur des mots qui sont pourris, malheureusement, en face, les fameux think tanks – les « tanks à idées » ! – ont une capacité de production idéologique très régulière. Ce n’est pas ici une théorie du complot : c’est simplement leur feuille de route, leur mission. Les classes dominantes ont à leur service des consultant·e·s, des professionnel·le·s dont c’est le métier de créer de nouveaux concepts et des « éléments de langage », mais aussi de brouiller constamment les repères. Du coup on est toujours en train de courir pour remettre du cadre.

Le Dictionnaire est l’une des formes qu’on a choisies pour répondre à ce besoin, mais ce travail de déconstruction du langage, aujourd’hui, on le mène aussi au travers d’articles, en écrivant d’autres livres sur d’autres enjeux, et puis dans la pratique, par les formations, les ateliers d’auto-éducation populaire, etc. Par exemple, les enjeux de la participation, de la démocratie locale et participative, tout le monde bute là-dessus, dans tous les métiers, tout le temps. Même les repères de base manquent : il y a en permanence un besoin de les rappeler. Mais là-dessus, des livres, il y en a à la pelle !

Autre exemple : le terme d’islamophobie. La violence de l’islamophobie est vraiment terrible aujourd’hui. Elle était déjà terrible les années précédentes, mais elle s’accroît. En France il y a un véritable verrouillage idéologique sur l’emploi du terme. Récemment deux colloques universitaires ont été interdits parce qu’ils voulaient l’employer lors du colloque. C’est surréaliste. Au niveau des enjeux idéologiques, trop de gens ont accepté la thèse, scientifiquement fausse et pourtant répandue dans l’espace public, médiatique et politique, selon laquelle le mot même d’islamophobie serait un concept forgé par l’extrême-droite musulmane pour empêcher toute critique de la religion. Beaucoup sont persuadés que cette thèse est en partie valide, et pourtant ce n’est plus à démontrer : des écrits des scientifiques, d’anthropologues ou même des textes de l’État français datant de la colonisation employaient déjà ce terme dès le début du XXe siècle.

Pour revenir à la question de la langue, Leslie Kaplan parle du langage comme premier bien commun, comme pratique du commun[1] qui implique, donc, une réappropriation collective. Est-ce que ce n’est pas aussi un peu ce que vous invitez à faire avec le Dictionnaire des dominations ?
Je ne connais pas assez bien les enjeux relatifs aux biens communs pour me prononcer là-dessus. Mais si je me replace dans le jargon qui est le nôtre, là où j’ai des repères, on parle beaucoup de la question d’un langage commun et d’une culture commune. C’est effectivement un enjeu politique.

Dans le travail d’unification des dominé∙e∙s, on a besoin d’une culture commune et d’un langage commun pour se comprendre, pour avoir des repères partagés. Par contre, ce n’est pas n’importe quelle langue qui nous est commune. Parce que même dans l’alliance de dominé∙e∙s pour l’émancipation, il y aura toujours les rapports sociaux qui nous structurent entre nous. Tant qu’on n’aura pas abattu les systèmes d’oppression, je ne suis pas sûr qu’il puisse y avoir de langue commune entre les femmes en lutte et les hommes qui bénéficient du patriarcat, par exemple. Mais si on s’allie pour abolir le patriarcat et que ça passe aussi par la langue, alors on peut travailler à l’élaboration d’une culture commune qui soit émancipatrice. C’est un travail à faire, un processus. Et certainement une nécessité. Avoir une culture commune, c’est avoir un véhicule commun pour qu’on sache de quoi on parle et quels sont nos intérêts partagés.

Lors de mes interventions, quand je me mets à parler en ch’ti, des enfants d’ouvriers me répondent en utilisant des bouts de ch’ti comme moi, sauf qu’en fait leurs parents sont d’origines marocaine, italienne, algérienne, etc., parce qu’en réalité ceux qui parlent ch’ti sont les prolos. Quand on se remet à parler ch’ti, c’est aussi la classe et l’enracinement local qui recrée une identité commune, et cette identité commune, locale, est internationale.

Par contre, il n’y a pas de langue universelle. Aucune culture n’est figée et la langue, comme la culture, est toujours révélatrice de l’évolution réelle du monde, du matériel. La langue c’est un lieu d’invention et d’élaboration de lien social qui crée du « nous » en permanence. C’est par la langue qu’on se rend compte qu’on est en train de s’approprier le monde. De ce point de vue-là, les interventions sont précieuses. Le collectif essaie d’aider les gens à ne pas parler avec une langue qui n’est pas la leur, pour que nous ayons tous des espaces pour parler notre langue, qui correspond à nos intérêts particuliers, nos situations particulières, mais que, en même temps on continue à avoir un langage qui doit rester commun. C’est dans l’articulation des deux que je vois une dynamique puissante.

Cette dynamique, elle manque aujourd’hui ?
Aujourd’hui on est beaucoup dans les micro-luttes, dans « l’empowerment » – la réappropriation de son pouvoir d’agir – à l’échelle locale, la lutte des quartiers, la lutte sectorielle, enfin plein de luttes qui espèrent changer la structure. C’est chouette qu’on regagne en modestie, mais il faut aussi rester audacieux∙ses, avoir cette petite touche de l’arrogance des dominé∙e∙s, qui n’est pas l’arrogance des dominant∙e∙s. Je pense au titre du livre de Saïd Bouamama, La Tricontinentale : les peuples du tiers-monde à l’assaut du ciel : c’est de la poésie, mais c’est aussi puissant en termes d’image.

Les dominant∙e∙s sont arrogant∙e∙s en permanence, ils racontent un monde qui est impossible et pourtant ils y croient. Ce sont des idéalistes au possible, mais dans le sens négatif du terme. Nous on doit être des réalistes tout le temps, prouver, être sûr∙e∙s de ce qu’on avance pour avoir le droit de cité. À un moment donné, il faut pouvoir réarticuler une forme d’audace de la pensée utopique puissante, créatrice : l’imagination révolutionnaire. C’est un autre processus de la pensée. Avec des formes de pragmatisme et d’actions réalistes, parce que nos luttes d’émancipation on ne va pas les faire avec des bouts de rêve. On ne veut pas rêver, on veut vivre !

Il faut aussi qu’on sorte des formes de rationalité petites bourgeoises et bourgeoises, très occidentales, de la rationalisation industrielle de notre pensée qui est d’une froideur incroyable. On a peur de nos émotions, on a peur de dire « je t’aime », on a peur d’exprimer nos colères. Le rapport aux émotions, qui est complètement ambigu et contenu, comme un corset social qui verrouille notre pensée, notre cœur et notre parole. Il faut oser parler des questions d’amour, d’espoir, remettre aussi de la poésie et de la chaleur populaire dans le langage.

Je vois par exemple la force de frappe, en France, des réseaux afro-féministes. Elles sont en train d’inventer leurs propres pratiques, leur propre langage. Elles arrivent à avoir une langue propre, des postures, même des façons de clasher, de vanner, qui font partie de la remobilisation de la fierté de soi et de l’identité de soi qui est juste.

Les mouvements de sans-papiers aussi, qui doivent s’exprimer avec une langue qui n’est pas la leur dans des contextes internationalistes et interculturels très forts. En réalité, ils sont en train de bricoler une langue de leur lutte particulière. À Lille par exemple, il faut voir le rôle du chant dans le Comité des Sans-papiers (CSP) 59 : ça a été un des véhicules de politisation et une façon différente de donner des cours publics. Toutes les semaines depuis plus de vingt ans, des manifestations se tiennent de 18h30 à 20h à peu près. C’est le seul mouvement social permanent de Lille depuis vingt ans : des manifs toutes les semaines depuis vingt ans, en plus des autres actions. Tous les mercredis, la manif se fait en chantant. C’est une espèce de chorale révolutionnaire : ils reprennent des chants qui, souvent, ont été importants dans les pays d’origine, transmis et ramenés par les sans-papiers eux-mêmes, mais avec des textes qui sont réécrits sur la lutte actuelle des sans-papiers, leurs positionnements.

Ce sont quasiment des tracts politiques. Chaque sans-papier qui arrive, qui ne parle peut-être pas la langue, apprend à chanter les chansons, commence à comprendre ce qu’il chante petit à petit, comme tous les blancs qui ne connaissent pas la lutte, le patrimoine, le positionnement particulier du CSP. C’est un exemple d’invention d’un langage politique particulier à travers le chant.

Pour d’autres, ce sera le théâtre de l’opprimé, je pense à Augusto Boal : il a élaboré un langage qui peut être à la fois réformiste et révolutionnaire. Paulo Freire, auteur de Pédagogie de l’opprimé, c’était ça aussi. Et la question se pose à nous aussi, à tous ceux qui veulent abattre les rapports de domination : quels sont les chemins de l’émancipation ? Mais aussi : quels sont les chemins de la révolte ? Finalement, les différents chemins, supports culturels, médias culturels, les nouvelles pédagogies de l’opprimé·e, ce sont des réinventions de langage. De ce point de vue, les choses bougent ces dernières années. Elles se cherchent et se réinventent. C’est bon signe. L’histoire populaire du camp des émancipations et des égalités n’a assurément pas dit son dernier. Bien au contraire.


* Cet article a été publié dans le Journal de Culture & Démocratie n°46 – La langue, entre promesses, oublis et dominations.

[1] « Le langage est le premier bien commun, la pratique du langage est une pratique du commun, de la vie en commun et, ainsi, le langage est le premier menacé, menacé sans arrêt, par toute remise en cause du commun, de la vie partagée, par tout ce qui vise à le figer, le rigidifier, l’appauvrir », Leslie Kaplan, in « “Dieu n’est pas marié.” Invention du langage et démocratie. », intervention pour les XIIèmes rencontres de la C.R.I.E.E., « La fabrique du soin, création et démocratie », Reims, juin 2010.


 Image : © Emine Karali

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